Economie des corps


#1

The award in the “Workplace” category went to the company Soma
Analytics, whose health app “Kelaa” stands out among intrusive health
apps as it only works if the users’ employers use the counterpart
software, the so-called “Kelaa Dashboard”. The app records all kinds of
data via the phone’s various sensors. It focuses on stress and sleep,
encouraging employees and employers to “work on” these issues. The
analysed data include phone use, voice characteristics, typing behaviour
and even sleep movements, for which users are encouraged to take their
phones to bed with them. The employer receives summary reports about
their employees’ mental state. While this comes with the usual claims
that the personal data is aggregated and anonymised, the reports do
allow inferences to smaller groups in order to identify “most stressful”
departments.

The primary argument is that quantification systems operate upon logics
of control at a distance.
They draw on and reproduce traditional paternalist logics of rational
and disembodied exchanges.
As such, they artificially abstract bodies, identities, and interactions
from social contexts in ways
that both obscure and aggravate gender and other social inequalities.
They operates on the level of
abstraction but with embodied effects for women and men.

Corps au travail

Le corps productif laisse alors place au corps « performant » et
surtout « flexible » que cherchent à façonner les nouveaux dispositifs
de gestion : management par les compétences, évaluation, pratiques de
coaching et de développement personnel, benchmarking, etc. En
privilégiant ces grilles de lecture marxistes ou foucaldiennes, la
sociologie du travail a surtout appréhendé le corps comme un lieu de
projection du pouvoir, mettant au jour l’empreinte du travail sur les
corps. Qu’est-ce que les traces que laisse le travail sur le corps nous
révèlent des formes anciennes et nouvelles d’organisation et de
management des personnels ?

L’élargissement du type de corps étudié que cette approche invite mais
aussi à l’élargissement de la palette des dimensions corporelles saisies
par l’activité. Elle encourage également au recentrage sur le contenu
même de l’activité, le geste professionnel, pour rendre compte non
seulement d’un agir contestataire mais aussi d’un agir créatif qui
rendrait possible le « vrai boulot » .

Pour Céline Lafontaine , le développement des biotechnologies depuis
le milieu du XXe siècle aurait transformé le type d’enrôlement du corps
en passant du « corps productif de l’ouvrier » au « corps ressource de
la bioéconomie ».
Descendant du corps-organisme à la cellule, le capitalisme
contemporain aurait profondément transformé les rapport entre « zoé » et
« bios » au sens où ce ne serait plus seulement la force de travail qui
serait transformée en marchandise mais plus fondamentalement le vivant
en tant que tel : organes mais aussi ovocytes, sperme, molécules,
cellules, gènes séquencés et stockés dans des « biobanques » et engagés
dans des transactions internationales complexes qu’il convient de mieux
appréhender.


Premier saut

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